Située dans le département de l’Atacora précisément dans l’arrondissement de Dassari de la commune de Matéri, la localité de Porga fait partie de la zone rouge en proie aux attaques terroristes au Bénin surtout le village de Koualou. Ainsi, dans les premières heures des attaques terroristes au Bénin, ce village a été fortement secoué. Mais très vite, à travers l’opération Mirador de l’armée béninoise, la vie reprend de plus belle à Koualou. Opulence Tchati, jeune cadre et natif de cette localité et résidant à Parakou, est fier de l’aube nouvelle qui s’élève dans son village à chaque fois qu’il fait un tour chez ses parents. Après sa récente visite dans son village, il s’est confié à notre rédaction à travers un entretien exclusif. Lisez-plutôt.
LGR : Vous revenez fraîchement de Koualou, quelle est l’ambiance qui règne aujourd’hui là-bas ?
Opulence Tchati : C’est vrai le 1er août 2025 j’étais à Koualou. Dans ces périodes nous sommes encouragés et moins inquiets parce qu’à présent il y a de l’amélioration en ce qui concerne la sécurité. Depuis 2023 que le Président béninois est allé voir son homologue du Burkina Faso, nous avons constaté un déploiement massif des militaires béninois jusqu’à la frontière du Burkina Faso. En ce moment, je peux dire la main sur le cœur que tout va de mieux en mieux.
LGR : Quels sont les signes qui vous rassurent ?
Opulence Tchati : Par exemple si vous ouvrez la porte après 22h même sans allumer une torche, vous allez remarquer un drone qui circule ce qui prouve que les militaires ne dorment pas. À tout moment quand ils sentent un mouvement étrange, ils font des tirs d’avertissement pour marquer leur présence et ils suivent tous les mouvements de près. Ce qui démontre que l’armée veille toujours à notre sécurité. On ressent leur détermination parce que les soldats qui sont présents nous rassurent et parce qu’en les voyant on sent qu’ils sont courageux, ils ont le moral haut et ils sont prêts à toute éventualité.
LGR : Quelles autres actions prouvent que Koualou a retrouvé son mode de vie normal ?
Opulence Tchati : Lorsque j’ai été à Koualou en 2021, les écoles étaient fermées ainsi que les lieux de culte. Mais les écoles ont ouvert leurs portes. Les différents candidats ressortissants de cette zone ont pu composer aux divers examens. Les activités ont aussi repris. J’ai même été à l’église ce dimanche 27 août 2025.
LGR : Quelle est actuellement la situation sécuritaire autour du pont qui relie le Bénin et le Burkina Faso ?
Opulence Tchati : Dans l’ensemble ça va parce qu’avant février 2023, c’était juste au niveau du pont que les soldats béninois étaient. Mais dans la zone de Koualou il n’y avait pas de position militaire. À présent, ils y sont et c’est ça qui nous rassure.
LGR : Pendant votre séjour dans votre village ces derniers jours, comment trouvez-vous la collaboration entre l’armée et la population ?
Opulence Tchati : C’est une très bonne collaboration parce que quand j’ai été là-bas en août 2024, l’ambiance entre l’armée et la population n’était pas agréable. Mais ceux qui sont là présentement font un très bon travail et tout le monde en témoigne ainsi que moi.
LGR : Est-ce que vous avez écouté le témoignage de vos parents, n’ont-ils pas des plaintes ?
Opulence Tchati : Il n’y a aucune plainte de la part des parents.
LGR : Nous avons appris que certaines personnes ont fui leur village par peur des représailles. Aujourd’hui comment avancent les activités socio-économiques à Koualou ?
Opulence Tchati : À l’arrivée des terroristes les travaux champêtres ne se sont pas interrompus contrairement à certaines activités. Par exemple des citernes comportant de l’huile quittaient le Bénin pour Koualou afin de transiter vers le Burkina Faso, mais présentement ces activités ne sont pas menées. Aucun véhicule ne traverse cette zone exceptées les motos. Donc, il n’y a aucune amélioration sur le plan économique. Parlant de cette information, je peux en témoigner parce que j’étais dans cette zone. Je devais me rendre à Koualou le 18 février 2023 mais la veille ils m’ont appelé pour m’interdire d’y aller parce que les terroristes ont donné un ultimatum fixant trois jours pour que tout le monde abandonne les lieux sinon après le jeûne de Ramadan, ils vont passer à l’offensive. C’est dans ces périodes qu’est née la collaboration entre le Bénin et le Burkina Faso pour le déploiement des militaires. À partir de cette période tout marche de mieux en mieux.
LGR : Est-ce que vous avez le sentiment que le gouvernement est à l’écoute des populations de cette zone précisément de Koualou ?
Opulence Tchati : Oui. Le gouvernement a fait un don de 58 000f Cfa en 2024 pendant une période d’environ deux à trois mois à certaines familles qui se sont fait enregistrer. Il y a également le soutien de la croix rouge et je peux en témoigner.
LGR : Quel appel avez-vous à lancer à l’endroit de la population ainsi que du gouvernement en tant que natif de Koualou, une région qui a été secouée au début des attaques au Bénin ?
Opulence Tchati : Nous devons faire confiance à l’armée. Encourager leur abnégation pour veiller à la sécurité permanente de la population. Nous sommes appelés en tant que population à honorer leur bravoure et leur discipline. J’appelle le gouvernement à fournir plus d’efforts dans le but de doter les soldats de plus d’armements efficaces.
Entretien réalisé par Edouard ADODE












