Aussitôt mis en service, le marché moderne de Guèma à Parakou est plongé dans un climat délétère fait de menaces de mort et de cris de détresse. Construit pour remplacer l’ancien, situé à quelques encablures seulement, ce nouveau marché qui offre plus de commodités aux usagers et aux marchands est encore loin de combler les attentes du plus grand nombre. Ainsi, des usagers déjà installés font face à des menaces de tout genre. D’autres qui ne sont pas encore recasés et errant autour de la nouvelle infrastructure marchande sont confrontés à la veille rigoureuse de la police républicaine.
Érigé sur une superficie de 8 326 m² et doté de 587 places de vente réparties en 290 étals à l’étage et 233 au rez-de-chaussée, 64 boutiques, 10 boutiques-restaurants, et un bloc administratif, le marché moderne de Guèma dans le 3e arrondissement de Parakou est mis en service le 2 novembre dernier. Contrairement aux marchés traditionnels connus par les populations de Parakou jusque-là, le joyau de Guèma offre aux usagers des toilettes publiques modernes, une chambre froide, un local à déchets et une infirmerie en plus des services de nettoyage et de sécurité professionnels. C’est indéniablement, un symbole de fierté pour tous.
Un marché gigantesque mais déjà exigu

Mais derrière cette fierté, se déroule un drame socio-économique qui ronge déjà plusieurs centaines de vies. Pour qui connaît l’ancien marché de Guèma qui est sur le point d’être rasé, les 587 places du nouveau sont loin de combler les besoins réels de tous les anciens marchands en plus des nouveaux qui aspirent aussi jouir de cette belle infrastructure. Ainsi, avec la libération de l’ancien site, nombreux sont ces marchands non pris en compte dans la nouvelle infrastructure qui se retrouvent dans une détresse sans précédent. C’est d’ailleurs ce qui justifie, les étals précaires installés en face du nouveau marché et dont les occupants ont été aussitôt déguerpis par la police républicaine le mercredi 12 novembre dernier.
Malgré la fraîcheur que procure cette imposante infrastructure à l’intérieur, les marchands qui y sont installés sont encore loin d’être à leur aise quand ils voient une grande partie de leurs collègues de l’ancien marché sans abri et ne sachant même pas à quel saint se vouer. Ils sont nombreux, ceux et celles qui font face à des menaces de mort de la part de certains de ces derniers qui estiment que leur non prise en compte serait la conséquence de manœuvres de jalousie. Des scènes de bagarres sont souvent enregistrées entre des cohabitants d’hier qui aujourd’hui sont séparés par une infrastructure aussi exiguë malgré sa grandeur. L’exiguïté des étals fait aussi rechigner bon nombre de ces bonnes dames qui étaient habituées à étaler leurs marchandises avec une certaine liberté.
Des coûts qui font fuir
Chose paradoxale, au moment où des marchands recherchent de places dans ce marché, des boutiques sont encore fermées sans preneurs. Et pour cause, les coûts de location font fuir tous malgré le besoin pressant. Ces marchands habitués à payer 13 000 ou 15 000f Cfa pour les boutiques qu’ils occupaient, ont du mal à s’engager à prendre celles de 60 000f Cfa pour certaines et de 40 000f Cfa pour d’autres selon leur positionnement dans le nouveau marché. Une réalité qui n’échappe pas au responsable du marché qui a promis à nos confrères de Deeman Radio de remonter l’information à qui de droit.
Ainsi, le drame socio-économique qui se joue derrière cette belle infrastructure est une urgence plus pressante dans un contexte social où très vite des luttes entre individus sont transportées sur le terrain mystique avec des dégâts souvent difficiles à maîtriser.
Edouard ADODE












