Au petit matin du samedi 15 novembre dernier, la révision de la constitution du Bénin a été adoptée par les députés de la 9e mandature de l’Assemblée nationale avec 90 voix pour et 19 contre. Un résultat décrié par les députés du groupe parlementaire Les Démocrates, qui aussitôt après le vote, estiment que le scrutin ne s’est pas déroulé dans la transparence du fait des coupures enregistrées au sein de l’hémicycle. Il est aussi noté qu’entre la proposition de cette révision portée par les députés Assan Séibou et Aké Natondé, et son adoption en passant par son étude en commission, le processus est allé très vite au moment où le peuple s’y attend le moins.
Cette révision apporte de grandes modifications à la loi fondamentale du Bénin même si elle n’a pas touché aux fondamentaux que sont la limitation du mandat du président de la République, la laïcité de l’Etat et autres. Avec cette nouvelle constitution, le Bénin passera d’un pouvoir législatif monocaméral à un bicaméralisme fait de l’Assemblée nationale composée de députés élus pour un septennat renouvelable ; et un Sénat qui sera composé d’anciens présidents de République, de la Cour Constitutionnelle, de Hauts responsables des Forces de Sécurité et de Défense ainsi que d’autres personnalités nommées. Tout comme celui des députés, le mandat du président de la République passera aussi à sept ans.
Alors, c’est après avoir voté cette révision que les députés ont entrepris d’informer le peuple et une tournée d’information est actuellement en cours dans tout le pays. Certes, les élus ont accompli un acte qui entre pleinement dans les prérogatives de leur mandat. Mais au regard de la profondeur des réformes, consulter le peuple en amont à la révision aurait servi à quelque chose. Ce serait d’ailleurs une preuve de considération l’égard ce peuple à qui appartient le pouvoir.
Edouard ADODE












