Comme il est de coutume dans diverses traditions, la fin de chaque année rime avec une peur liée à l’incertitude par rapport à ce que pourrait reverser le nouvel an à chacun et à tous. Ici au Bénin, des croyances populaires difficiles à prouver autour d’un supposé bilan du diable à travers des manœuvres de la sorcellerie viennent amplifier cette peur qui prend parfois la forme d’une hantise chez plusieurs. Dans ce pays, c’est cette peur qui justifie les consultations de l’oracle auxquelles certains font recours pour essayer de scruter l’avenir. Tout le peuple est même souvent emballé dans cette atmosphère à travers des consultations publiques au nom de tous.
Ainsi, ces révélations quelle que soit leur beauté ou leur pertinence, ouvrent toujours le boulevard à la peur malgré les sacrifices qui sont souvent proposés pour conjurer le mauvais sort. Par conséquent, tous les drames bien qu’ils soient en réalité très ordinaires, sont perçus comme la manifestation du fameux bilan chimérique tout simplement parce qu’il s’agit du mois de décembre. C’est au cours de ce mois que l’apologie de la sorcellerie se fait le plus mettant en branle toutes sortes de mouvements spirituels, veillées de prières, bain de purification, rituels de protection et bien d’autres.
Dans cette ambiance où beaucoup vivent pratiquement avec la peur dans le ventre, où chaque jour qui passe est considéré comme un exploit, le terrain devient facile pour la sorcellerie qui est une réalité difficile à nier dans notre contexte africain et particulièrement béninois. Ce qui fait du mois de décembre et parfois de janvier des moment du pain béni des sorciers. Ils sont perçus en tout et partout quand un malheur frappe quelque part. Les quelques situations difficiles du moment font rapidement perdre de vue les instants de bonheur de chaque jour.
Au demeurant, les seules personnes qui profitent à merveille de ces temps empoisonnés par ces chimères, sont les charlatans, les visionnaires, les prophètes et es pasteurs qui savent manipuler ceux qui prêtent oreilles à leurs discours de peur et de solutions toutes faites.
Edouard ADODE












