Connu comme l’un des opposants les plus virulents ces dernières années au Bénin, l’ancien ministre de la défense du président Patrice Talon s’est forgé une réputation d’intouchable de la République. Bon nombre de Béninois s’étonnaient du fait que malgré ses critiques acerbes contre le pouvoir de la rupture que Candide Azannaï ne soit pas inquiété tandis que d’autres sont très vite interpellés. Mais, le vendredi 12 décembre dernier, devant le siège de son parti Restaurer l’Espoir (Re), l’homme qu’on appelle encore le « philosophe de Jonquet » est arrêté et gardé à vue à la Brigade Économique Financière (Bef). Ce qui met fin à un mythe autour de la personnalité.
Peut-on encore dire au Bénin qu’il y a des personnalités intouchables pour leur casquette politique ? Même si suite à l’arrestation et la condamnation de Olivier Boko et Oswald Homeky, deux pions clés du pouvoir en place, bon nombre de Béninois n’y croyaient plus, désormais les sceptiques ont une nouvelle preuve de ce changement de paradigme au Bénin. Le Vendredi 12 décembre dernier, l’autorité de l’Etat s’est une fois encore affirmée à travers l’interpellation de Candide Azannaï dans le cadre de l’enquête ouverte suite au coup d’Etat déjoué le 7 décembre dernier.
Depuis sa démission du gouvernement de Patrice Talon en 2017, l’homme s’est illustré par des déclarations audacieuses sur ce pouvoir qu’il a énormément contribué à mettre en place. À un moment donné, il était perçu comme le seul intouchable de la République. Le président de la Résistance a réussi à forger un mythe autour de sa personnalité. Mais ce mythe vient ainsi de tomber comme un château de carte dans un silence de cimetière. Même à Jonquet qui est longtemps perçu comme le Quartier Général de l’homme, rien n’a bronché.
Edouard ADODE












