Le leadership politique féminin à l’Assemblée Nationale a connu un coup d’accélérateur depuis la révision du code électoral qui a instauré un quota d’au moins 24 députées à l’Assemblée Nationale. L’élection des membres de la 10ème législature vient de confirmer la nécessité des principes d’équité pour une meilleure représentativité des femmes à des postes électifs. Quand bien même les chiffres n’ont pas évolué outre mesure cette discrimination positive permet au moins une représentativité plus visible des femmes au parlement béninois.
Kassim MAMA
A l’issue des législatives de 2023, 29 femmes ont effectué leur entrée à la 9e législature de l’Assemblée nationale sur les 109 députés. Ainsi, pour la première fois dans l’histoire, le parlement béninois a enregistré une présence féminine de 26,61%. Dans la même veine, la composition de la prochaine Assemblée Nationale montre que la promotion du leadership politique des femmes passe d’abord par l’équité ou ce que l’on désigne généralement sous le vocable de la discrimination positive. C’est la principale conclusion que des militants des droits de la femme tirent de l’élection des membres de l’Assemblée Nationale du Bénin qui a eu lieu le 11 janvier dernier.
En effet, la Cour Constitutionnelle a confirmé le lundi 19 janvier 2026 les grandes tendances données par la Commission Électorale Nationale Autonome (Cena) quelques jours plus tôt. Sur la liste des 109 députés, on dénombre 28 femmes dont 24 élues à la faveur des articles 144 et 145 du code électoral qui attribue d’office un siège réservé à une femme au parti majoritaire dans chacune des 24 circonscriptions électorales. Ainsi, le taux de représentativité des femmes à la 10e législature est de 25,69%. Sans cette disposition, seulement 4 femmes auraient pu siéger au sein de la prochaine législature alors qu’elles étaient au nombre de cinq à avoir réussi ce même exploit en 2023. Elles sont en effet quatre femmes qui ont réussi à se faire élire sans la couverture de la discrimination positive le 11 janvier 2026. Il s’agit d’Alimatou Badarou, de Sofiatou Schanou et d’Albertine Assikadana et de Chantal Ahyi respectivement positionnées dans les 15ème, 19ème et 21ème et 16e circonscriptions électorales.
Certes, le taux ne s’est jamais présenté en dessous de 4% comme c’est le cas depuis la mise en application la loi 2019-45 du 25 novembre portant code électoral en République du Bénin. Mais, la chance d’aller au delà de 10% était toujours mince. Car, le fort taux de représentation des femmes à l’Assemblée Nationale est de 26,61% enregistré lors de la neuvième législature installée suite à la mise en application de ce nouveau code électoral où 29 femmes avaient siégé sur les 109 députés et que ce taux est presque réédité en 2026 alors qu’avant cette loi, le meilleur taux était de 10,84%. Ce dernier est enregistré lors de la cinquième législature où sur les 83 députés d’alors, il y avait 7 femmes. On remarque que la chance des femmes à traverser le seuil du parlement était presque restreinte face aux hommes qui bénéficient plus des faveurs sociologiques, économiques, politiques et financières.
Toutefois, un effort reste à faire de la part des partis politiques dans les positionnements pour plus de femmes au niveau du pouvoir législatif. C’est également un signal pour les femmes leaders politiques redoubler d’ardeur afin de s’imposer dans les choix à travers leur leadership qui continue de stagner.












