Les 109 députés qui représenteront le peuple béninois à la 10e législature de l’Assemblée nationale sont connus à l’issue des législatives du 11 janvier 2026. Face aux exigences des 20% des suffrages dans chacune des 24 circonscriptions électorales législatives, seuls deux partis de la mouvance occuperont l’hémicycle pour les sept prochaines années. Il s’agit de l’Union Progressiste le Renouveau (Up-r) et du Bloc Républicain (Br). Ainsi, dès le 8 février 2026, aucune trace de l’opposition ne sera visible à l’Assemblée nationale, du moins l’opposition formelle. Tout semble converger vers une législature semblable à un long fleuve tranquille.
Les résultats des législatives du 11 janvier 2026 créditent l’Up le Renouveau de 60 sièges contre 49 pour le Br. Le parti de l’opposition Les Démocrates représenté au sein de la mandature finissante par 28 députés n’y sera pas cette fois-ci. Alors, rien ne présage d’un parlement tumultueux puisqu’en plus d’être composé exclusivement de députés de la mouvance présidentielle, la constitution révisée à quelques jours des élections du 11 janvier 2026 a totalement verrouillé la transhumance à l’Assemblée nationale. Ainsi, tout député qui démissionne de son parti politique perd d’office son siège. Par conséquent, les élus du peuple qui seront installés dès le dimanche 8 février 2026 sont condamnés à rester fidèles à leurs formations politiques quoi qu’il advienne jusqu’à la fin de cette mandature. Ce sera donc parti pour 7 longues années de parlement calme sans débats houleux et sans questions agaçantes au gouvernement.
Le sort des députés de la mouvance qui ont essayé d’affirmer à un moment donné une certaine autonomie dans certains votes ou ont eu à adopter une posture un peu obscure par rapport à l’action gouvernementale au cours de la 9e mandature, servira aussi de leçon. Ainsi, dans l’espoir d’être positionnés pour un nouveau septennat en 2033, il n’est pas évident de voir des députés de la 10e législature qui prendraient le risque de s’écarter de la consigne de leur groupe parlementaire.
De petites braises sous le calme apparent
Mais compte tenu de certaines réalités politiques qui peuvent évoluer avec le temps, le calme de la 10 mandature du parlement béninois pourrait être de très courte durée. Quand bien même, le résultat de la prochaine élection présidentielle semble être déjà connu de tous au regard des forces en présence, la nature du prochain parlement risque de changer au cas où le peuple aurait décidé de confier le pouvoir exécutif à Paul Hounkpè au détriment de Romuald Wadagni. N’étant pas issu d’un parti politique bien qu’il bénéficie du soutien de toutes les formations politiques de la mouvance, une fois élu à la tête de la Nation, Romuald Wadagni pourrait chercher à s’affranchir du diktat de ces dernières. Ce qui pourrait dresser le lit à des moments chauds au parlement avec des interventions intempestives du prochain Sénat.
Aussi, le calme de cette mandature dépendra-t-il énormément de la qualité des relations entre le président sortant Patrice Talon et son successeur. Alors, sur certaines grandes questions sur lesquelles le Chef de l’Etat Patrice Talon est resté intransigeant, notamment celle de libération de certaines personnalités politiques en détention et celles en exil, les points de vue risquent de s’entrechoquer au sein du parlement conséquence du choc entre l’ancien et le nouveau président.
Edouard ADODE












