Élu dans la 23e circonscription électorale sur la liste de son parti Union Progressiste le Renouveau (Up-r), Professeur Joseph Fifamè Djogbénou retrouve le chemin de l’hémicycle après son expérience parlementaire de la 7e mandature. Loin d’être un simple casier de coché pour le président du parti du baobab, ce retour à l’Assemblée nationale est symbolique pour l’homme qui a été sous la rupture le plus incompris de ses compatriotes Béninois au regard de son point de départ pour la politique. Ainsi, cette mandature du nouveau président de l’Assemblée nationale est certainement celle d’une seconde chance pour se rattraper par rapport à certaines lois, sources de chagrin pour bon nombre.
Avant l’avènement du pouvoir de la rupture, Me Joseph Djogbénou était l’un des hommes les plus considérés par les Béninois et surtout la jeunesse. Ses prises de parole publiques étaient des moments exceptionnels comme le témoigne la ferveur populaire qui avait entouré le mouvement «mercredi rouge» porté par son parti d’alors Alternative Citoyenne. Il était à l’époque l’une des figures emblématiques des Organisations de la Société Civile (Osc). A l’approche de l’élection présidentielle de 2016, l’enseignant de droit était perçu comme l’un des favoris avant de se désister en faveur de son client, l’opération économique Patrice Talon.
Ainsi, au moment où ce dernier accédait au pouvoir en 2016, Me Joseph Djogbénou siégeait au parlement et présidait la commission des lois. Il a été de ce fait un important artisan des réformes politiques mises en œuvre sous la rupture. Juste après le vote de certaines lois majeures des réformes, il est nommé au gouvernement au poste de ministre de la justice comme pour suivre de près leur promulgation. Par la suite, il est porté à la tête de la cour constitutionnelle pour la validation de certaines de ces lois malgré les nombreux recours formulés contre elles. Il va démissionner plus tard pour se consacrer aux affaires de son parti politique l’Union Progressiste le Renouveau.
Après ce parcours, le tout nouveau président de l’Assemblée nationale est mieux placé pour la capitalisation de ces réformes politiques. Ainsi, cette mandature qui vient de commencer pour lui, est une occasion pour se rattraper. Comme, il l’a si bien annoncé dans ses premiers mots après son élection à la tête de la 10e législature de l’Assemblée nationale, c’est le moment de travailler à soulager certainement les peines causées par ces réformes à une partie de la classe politique. C’est aussi une opportunité pour Joseph Djogbénou de redorer son image en travaillant à réduire la fracture sociale engendrée par certains aspects de ces réformes.
Par conséquent, la 10e législature de l’Assemblée nationale peut bien surprendre le peuple à travers la relecture de certaines lois jugées crisogènes voire le vote d’autres à caractère social.
Édouard ADODE












