Ecartés de toutes les instances de prise de décision, les militants du parti de l’opposition Les Démocrates (Ld) font face à sept années de désert. Tout leur espoir de voir leur parti dans les instances de prises de décision notamment au sein des conseils communaux, au parlement ou même au gouvernement est désormais vain. Inutile de rappeler les évènements douloureux pour les uns et stratégiques pour les autres qui ont conduit à cet état de choses. Le parti Ld aura certainement à animer autrement le débat public au rythme de la trêve politique imposée par la constitution, dans l’espoir d’un vent favorable pour la prochaine année électorale qui viendra dans sept ans.
Alors, au cours de ces sept années d’attente, la grosse épreuve à laquelle, les militants du parti de Boni Yayi sont appelés à faire face est celle de la loyauté. Comment pourront-ils rester loyaux pendant sept longues années dans un contexte où la parole du politique ne sera plus totalement libre ? Comment resteront-ils loyaux dans un contexte où beaucoup militent en politique en vue d’un poste électif ou nominatif ? Comment rester loyal quand on sait que loin des escarcelles du pouvoir, il est difficile d’avoir accès à certains privilèges ou certaines facilités ?
Il est donc clair que dans ce contexte, rester loyal est un risque que peu de personnes pourront prendre. En dehors des personnes d’un certain âge qui ne rêvent plus de nomination ou qui ne courent plus derrière certains avantages éphémères, le grand nombre des militants se verra obligé de courir vers le marigot de la rupture ou de la continuité même sans grande conviction puisque la survie oblige. Pour les plus charismatiques, seront courtisés et les plus coriaces subiront toutes sortes de pression.
Édouard ADODE












