A l’issue de la plénière du mercredi 11 février 2026, les organes dirigeants de la 10e législature de l’Assemblée nationale sont connus. Sans surprise, deux groupes parlementaires sont constitués et les membres des cinq commissions techniques permanentes sont désignés. Mais, au sein de ces organes, en dehors de figures classiques des deux partis représentés au sein de cette 10e législature, on y retrouve également les derniers adhérents notamment quatre des anciens députés du parti de l’opposition Les Démocrates qui ont fait défection à la dernière minute pour rejoindre la barque de la rupture. Ces députés semblent être ainsi récompensés soit pour leur clairvoyance politique ou pour avoir trahi leur ancien parti au moment favorable à leurs adversaires d’hier.
A la différence de la législature précédente, la 10e qui vient de s’installer au parlement béninois sera animé par deux groupes parlementaires. Il s’agit du groupe parlementaire Union Progressiste le Renouveau (Upr) présidé par l’Honorable Aké Natondé, et le groupe Bloc Républicain (Br) sous la présidence de l’Honorable Assan Séibou. Quant aux commissions permanentes, elles sont restées les cinq classiques. Mais dans leur composition, les bureaux de ces organes dirigeants du parlement faire une part belle à certains des ouvriers de la 24e heure qui ont rejoint la mouvance à quelques jours du dépôt des candidatures pour les élections législatives. Ainsi, Joël Godonou est le premier rapporteur du groupe Br, tandis que Michel Sodjinou est fait deuxième rapporteur du groupe Upr, Denise Hounmènou tient le secrétariat de la Commission des lois et Constant Nahum est bien logé au poste de Vice-président de la commission des relations extérieures.
Bien que la promotion de ces députés soit surprenante pour bon nombre de Béninois, elle peut être un mérite au regard des expériences et des profils de ces personnalités. Alors, d’aucuns pourraient voir à travers cette promotion, le fruit de la clairvoyance de ces anciens députés du parti de l’opposition Les Démocrates qui voyaient venir le déluge. L’un de ces députés avait clairement exposé leur désir de ne pas siéger en une seule mandature. Ainsi, leur positionnement sur les listes des partis de la mouvance et leur intégration dans les organes dirigeants du parlement peut bien traduire le prix de cette clairvoyance politique.
Mais pour d’autres, cette promotion des ouvriers de la 24e heure sent l’odeur de la récompense de la trahison qui a servi de coup de massue au parti Les Démocrates. Il n’est un secret pour personne que n’eut été le refus de Michel Sodjinou d’accorder son parrainage au duo Renaud Agbodjo et Jude Lodjou, le parti Les Démocrates ne serait pas écarté de l’élection présidentielle. Mais si la candidature du duo du parti Les Démocrates à la présidentielle était validée, il est évident que les résultats des élections législatives du 11 janvier 2026 pourraient être tout autre. Ainsi, quand bien même l’acte de l’Honorable Sodjinou pourrait être délibéré et non motivé par un gain personnel quelconque, cela a bien profité à la mouvance présidentielle. Et pour ce service rendu, aucune récompense ne peut être de trop.
Bref, les partis de la mouvance continuent simplement de se montrer reconnaissants à l’égard de ces députés dont la démission a fragilisé leur ancienne formation politique qui prenait l’allure d’un adversaire de taille.
Edouard ADODE












