La junte militaire au pouvoir au Niger continue d’aligner des déclarations belliqueuses pour justifier le maintien de la fermeture des frontières nigériennes contre le Bénin. Ainsi, dans un style qui frise la comédie, le Général Abdourahamane Tiani persiste que le Président Patrice Talon du Bénin aurait pris une part active dans la récente attaque armée qu’a connue l’aéroport de Niamey. Il va plus loin en estimant qu’il n’y a pas de soldats béninois au nord du Bénin laissé aux mains des Ukrainiens et autres. Ces déclarations qui s’écartent de la réalité viennent confirmer davantage la qualité des services de renseignements de la junte militaire au pouvoir au Niger au moment où la situation sécuritaire à l’intérieur du pays ne cesse de se dégrader avec des attaques meurtrières qui s’enchaînent.
Dans une interview exclusive accordée à la télévision nationale du Niger, le Général Abdourahamane Tiani est revenu sur l’attaque de l’aéroport de Niamey et de la base aérienne 101 vaillamment repoussée par l’armée nigérienne la nuit du 28 au 29 janvier 2026. Fidèle à son style fait d’accusations et d’histoire, il persiste sur les soi-disant dessous de cette attaque qu’il attribue à des mercenaires mandatés par la France en complicité avec certains chefs d’Etat de l’Afrique de l’ouest. Parmi ‘’les sponsors’’ de cette attaque selon Tiani, on y retrouve le président béninois Patrice Talon malgré le fait que cette attaque soit revendiquée par un groupe terroriste basé au Niger. Le Chef de la junte militaire au pouvoir au Niger insiste d’avoir depuis des mois en avance des informations sur cette attaque « qui devrait donner lieu à une série ».
Mais si Général Abdourahamane Tiani est fondé à porter des accusations sur le Président Talon se basant sur des preuves dont il détiendrait, il s’est toutefois grossièrement trompé quand il évoque la situation sécuritaire au nord du Bénin. Le Président nigérien a ouvertement déclaré qu’il n’y a pas un seul militaire béninois dans le nord du Bénin dont quelques zones frontalières ont eu à enregistrer quelques attaques terroristes ces dernières années. Selon le Chef de la junte, Patrice Talon aurait abandonné cette partie de son pays aux mains des terroristes, des soldats français et des ukrainiens.
C’est cette qui déclaration frise le ridicule puisqu’elle contraste avec la réalité. Il est de notoriété publique pour les populations qui vivent dans cette partie du Bénin de constater la présence à la limite ostentatoire des forces armées béninoises dans toutes les communes du nord Bénin et même dans les hameaux les plus reculés avec des actions qui rassurent mieux en mieux. Au 2e Bataillon Interarmées (Bia) du camp Séro-Kpéra de Parakou, la métropole de la partie septentrionale du Bénin, les mouvements des soldats au front dans le cadre de l’opération Mirador sont visibles à travers des départs et des retours au quotidien des aéronefs et des véhicules militaires. Elles sont nombreuses dans le tout le pays des familles qui se réjouissent chaque du retour de leurs fils engagés dans cette opération ; et d’autres qui multiplient des prières pour le retour des leurs dont les jours de mission sur les différents théâtres ne sont pas encore épuisés.
Abdourahamane Tiani semble ainsi être mal informé sur la situation sécuritaire du Bénin ou se trompe de bonne foi pour susciter l’admiration du peuple nigérien qui ne rêve que d’un mieux-être et non de scènes de comédie qui n’ont aucun lien avec la gouvernance d’un Etat dans lequel la pauvreté est la chose la mieux partagée. Tant que ce qui est annoncé au Niger comme une révolution n’amène pas le peuple nigérien à vaincre le spectre de l’insécurité et de la pauvreté par des actions de gouvernance bien mûries en lieu et place des plaintes et des accusations à n’en point finir, le Général Tiani sera pour le Niger une calamité.
Edouard ADODE












