Le 3 mars 2026, l’ancien ministre de la justice du Bénin, Reckya Madougou a bouclé cinq ans de vie carcérale. Interpellée le 3 mars 2021 du retour d’un meeting politique à Porto-Novo dans le cadre de l’élection présidentielle pour laquelle sa candidature a été recalée, elle est condamnée à 20 ans de réclusion criminelle par la Cour de Répression des Infractions Économiques et du Terrorisme (Criet) pour des faits d’association de malfaiteurs et de terrorisme. Ainsi, malgré les recommandations du groupe de travail de l’Organisation des Nations Unies (Onu) qui a jugé d’arbitraire cette détention, l’ancienne conseillère du Président togolais Faure Gnassingbé aborde la sixième année de sa peine.
Positionnée par le parti de l’opposition Les Démocrates (LD) pour la présidentielle de 2021, l’avanture s’est vite arrêtée pour Reckya Madougou malgré sa détermination. En plus d’être recalée pour cette course qu’elle envisageait avec son colistier Patrick Djivo, l’ancienne ministre de la justice de Boni Yayi s’est rapidement retrouvée derrière les barreaux avec certains coaccusés pour des faits d’association de malfaiteurs et de terrorisme. La spécialiste de l’inclusion financière en Afrique a été citée comme le bras financier d’une entreprise funeste contre certaines personnalités politiques. A l’issue d’un procès très controversé devant la Criet, Reckya Madougou est condamnée à 20 ans de prison. Depuis lors, elle purge sa peine à la prison civile d’Akpro-Missérété.
Mais, cette condamnation suscite assez d’indignation au sein de la classe politique surtout au niveau de l’opposition ainsi dans les milieux syndicaux. Plusieurs démarches ont été menées par les ténors de l’opposition en vue d’alléger la souffrance de l’ancienne garde des sceaux. Des appels venant de la part de certains groupes de la société pour la libération de l’Amazone de Parakou n’ont pas eu d’échos favorables. Même les prières de diverses confessions religieuses n’ont encore changé la situation de la candidate recalée. De même, la recommandation du groupe de travail de l’Onu a été comme de l’eau versée sur le dos du canard. Reckya Madougou égrène sa peine année après année. Elle vient d’ailleurs d’éponger le quart de son séjour carcéral loin de ses enfants, ses amis et ses parents.
Ainsi, Reckya Madougou aborde le deuxième quart de cette lourde peine sans aucune perspective de libération avant terme. Alors, le désespoir semble gagner les esprits même des plus optimistes quant à l’amnistie tant attendue de la part du Président Patrice Talon. Toutefois, aucuns espèrent que leur vœu pourra être accompli sous le successeur de Patrice Talon.
Mais pour l’heure, les portes de la prison civile d’Akpro-Missérété restent hermétiquement fermées sur Reckya Madougou au moment où les uns et les autres espèrent un compromis politique pour lui éviter de sortir de ce pétrin avec des rides du troisième âge.
Édouard ADODE












