Le depart de Boni Yayi du parti Les Démocrates est désormais acté par le Coordination Nationale de cette formation politique. Son intérim est confié au premier vice-président du parti, Eric Houndété. Aussitôt, le parti annonce déjà les pourparlers avec le candidat à l’élection présidentielle, Paul Hounkpè. Ainsi, au regard des conséquences immédiates de cette démission sur la vie du parti, ce départ de Boni Yayi s’apparente plus à un acte consensuel qu’à une décision unilatérale de l’ancien président. Alors, au-delà de sauver son image, Boni Yayi semble avoir compris qu’il était temps d’éviter au parti de stagner avec le risque de disparaître à jamais.
A travers une lettre adressée aux hauts responsables du parti Les Démocrates dont il assumait la présidentielle depuis le congrès de Parakou, l’ancien président Boni Yayi a annoncé sa démission de cette formation politique de la l’opposition. Cette annonce n’a pas été acceptée immédiatement par la coordination nationale du parti qui a dû envoyer une délégation auprès du désormais ancien président de cette formation politique à Tchaourou. Mais l’intervention de cette délégation composée d’anciens députés et d’autres cadres du parti n’a pas pu faire changer d’avis à Boni Yayi qui est resté ferme sur sa position. Ainsi, la coordination nationale du parti s’est vu dans l’obligation d’acter cette démission et son intérim confié à Eric Houndété, premier vice-président du parti en attendant le prochain conseil national.
Mais les circonstances de ce départ renvoient plus à un acte consensuel et hautement stratégique pour sauver le parti. Dans un contexte où depuis que Boni Yayi est porté à la tête de cette formation politique, elle n’a connu que de succession de crises avec à la clé des démissions en cascade, il était de bon ton de trouver le moyen le plus élégant pour enclencher la restructuration afin de sauver les meubles. Ainsi, il n’y a pas de moyen plus approprié que la démission au lieu que le parti attende le prochain conseil ou congrès pour opérer le changement tant attendu par certains militants surtout les démissionnaires qui ont énormément dénoncé la gestion de Boni Yayi à la tête du parti. Il est donc clair que cette démission honore à la fois Boni Yayi et la formation politique dont il restera certainement un sympathisant de premier rang. D’ailleurs, la coordination nationale du parti y a ajouté plus d’élégance en refusant d’accepter la démission dans un premier temps.
C’est une décision plus stratégique quand aussitôt après l’avoir entérinée, Eric Houndété entame des échanges avec l’autre ancien parti de Boni Yayi dans le cadre de l’élection présidentielle du 12 avril prochain. Ce pas n’aurait pas été possible avec Boni Yayi à la tête des Démocrates. Comment peut-on imaginer des échanges entre Boni Yayi et Paul Hounkpè avec qui il a eu le bras de fer autour du récépissé du parti Fcbe ?
Édouard ADODE











