En lieu et place du titre de »chef » que lui confère sa fonction de policier républicain, il a préféré le gilet de prisonnier. En lieu et place du confort de son fauteuil douillet de commissaire de police dans la plus grande ville du Bénin, il a choisi la solitude de la prison. En lieu et place des promotions et des galons qui pouvaient s’ajouter sur ses épaules, il a opté pour les repas forcés au milieu des sanglots d’autres détenus. En lieu et place de sa liberté qui semble devenir trop ennuyeuse pour lui et plus pesante que le silence du cachot, il a choisi de se priver de tout.
Lui qui hier ordonnait que d’autres soient menottés, accepte volontiers et sans regret d’être menotté. Lui qui hier se faisait respecter par ses grades et son nom, accepte de vivre une vie de détenu. Lui, c’est le commissaire de police, Delcoz Kindjanhoundé arrêté et déposé en prison pour ses dénonciations virulentes à travers des vidéos publiées au lendemain du coup d’État déjoué du 7 décembre 2025.
Devant le juge le lundi 20 avril dernier, le commissaire de police poursuivi pour incitation à la haine et à la rébellion n’a rien perdu de sa témérité. Plaidant coupable sans constitution d’avocat, il continue de justifier ses propos tout en insistant qu’il avait agi en citoyen libre, désespéré et révolté. Il estime avoir été brisé par les sacrifices de ses frères d’armes sur le front de lutte contre le terrorisme. Pour lui, ces dénonciations controversées, est sa manière de rendre hommage à ses frères d’armes qui tombent sous les balles des terroristes et dont il a été témoin au front en 2023.
Alors, quand bien même la note que le jeune commissaire a laissée au tribunal lors de cette brève comparution du 20 avril dernier, ne pourrait visiblement pas changer son sort face aux chefs d’accusation qui pèsent contre lui ; il marque déjà son temps par sa témérité légendaire. Delcoz Kindjanhoundé a préféré tout simplement être fidèle à sa conscience et à sa conviction personnelle que de se taire pour les beaux yeux de ses proches ou d’accepter servir la Nation à contre cœur.
Certes, avec le temps, il pourrait se donner tort d’avoir choisi de sacrifier sa liberté et sa carrière pour une cause qu’il croit aujourd’hui être juste. Toutefois, l’histoire retiendra qu’il aura été jusqu’au bout de sa conviction personnelle pas en étant lâche mais en intrépide.
Édouard ADODÉ












