Dans l’histoire politique du Bénin, c’est pour la première fois que le dauphin d’un président en exercice est élu. Le Président Patrice Talon a réussi à changer la donne avec l’élection de son ministre d’État en charge des finances, Romuald Wadagni qui est désormais son successeur. Déjà au cours de sa campagne, le candidat gagnant de l’élection présidentielle du 12 avril dernier, annonçait qu’il ne sera pas un président sous tutelle comme certains de ses compatriotes pouvaient le penser à tort ou à raison. Alors, dès son installation effective à la tête de l’État le 24 mai prochain, trois signes pourront rassurer de ce que Wadagni n’aura pas une gouvernance par procuration.
Sans douter des compétences du ministre d’État Romuald Wadagni qui est désormais le président élu du Bénin, le commun des Béninois se demande s’il pourra réellement gouverner par lui-même sans être sous la tutelle de son mentor. À cette question, le candidat lui-même a rassuré qu’il ne sera pas un président sous tutelle. Ce qui voudra dire que les Béninois doivent espérer une gouvernance propre à celui qu’ils ont plébiscité le dimanche 12 avril dernier à travers les urnes. Il s’agit donc d’une promesse d’exercer la plénitude du pouvoir exécutif par celui à qui le peuple l’a confié pour les sept prochaines années.
Le premier signe qui permettra de constater que le Bénin ne bascule pas sous une gouvernance par procuration, est la composition du premier gouvernement Wadagni. Bien que sa gouvernance s’inscrit dans la continuité de la dynamique en cours, c’est-à-dire celle du développement, elle doit pouvoir faire appel à de nouvelles compétences. Il ne s’agit pas de balayer toutes les anciennes compétences d’un revers de main mais il revient au nouveau président de démontrer sa capacité à dénicher d’autres Béninois à même de servir valablement la République à ses côtés. S’il se retrouve dans l’obligation de reconduire la majorité des ministres actuels, cela pourrait traduire son incapacité à s’affranchir totalement de la tutelle de son prédécesseur.
La capacité à prendre des décisions courageuses. Puisque gouverner c’est choisir, l’indépendance de Romuald Wadagni de toute tutelle sera effective à travers le courage de certains de ses choix. Si le nouveau président réussit à prendre des actes utiles qui pourraient même aller contre des intérêts personnels de ses trois prédécesseurs en vie, il prouverait ainsi combien il a la totalité du pouvoir en main. Patrice Talon l’a si bien démontré au cours de ses deux mandats. Il n’a jamais craint la colère de Yayi ni de Soglo pour agir dans l’intérêt de la Nation selon ses prérogatives constitutionnelles. Il est allé jusqu’à couper à ces derniers certaines prérogatives dont il jouissaient illégalement. Leurs ballets incessants au palais de la Marina n’a changé en rien la trajectoire de Talon du début jusqu’à la fin. Là sera le deuxième signe que Romuald Wadagni n’est pas un président sous tutelle.
Le dernier signe résidera dans le rapport du nouveau président avec les Forces de Défense et de Sécurité (Fds). Réussir à mettre totalement les hommes en uniforme sous ses ordres en sa qualité de chef suprême des armées malgré les mutations qui pourraient intervenir à l’avenir contre les intérêts de certains hauts gradés, sera un signe fort d’une gouvernance sans tutelle.
C’est alors que le Président Romuald Wadagni pourra imprimer sa marque à la gouvernance du Bénin sans pour autant dévier de la ligne de développement tracée par son prédécesseur qui est en même temps son mentor.
Édouard ADODÉ












