C’est avec un ton grave et la voix mêlée de sanglots que la Présidente de l’Institut National de la Femme (Inf) a présenté son communiqué le jeudi 23 avril dernier au sujet d’une scène horrible qui se serait déroulée à Ekpè dans la commune de Sèmè-Kpodji. Face aux caméras de la télévision nationale, à l’instar de tous ceux qui ont visualisé la vidéo de la scène du châtiment inhumain infligé à une jeune fille et filmée, Huguette Bokpè Gnancadja n’a pas pu s’empêcher de s’enflammer d’une sainte colère. Ses yeux et sa voix dévoilent en partie ce feu intérieur qui la consume pour que justice soit faite et la dignité de la victime restaurée.
L’indignation de la Présidente de l’Inf n’est pas un simple accès de sensibilité, c’est le cri de ralliement d’une Nation outragée. En laissant paraître son émotion devant les caméras, Huguette Bokpè Gnancadja brise la distance administrative pour rejoindre le peuple béninois dans sa stupeur. Cette « sainte colère » devient alors l’instrument d’une justice qui refuse de rester muette face à la barbarie capturée par les smartphones.
Le rugissement de la « lionne » de l’Inf résonne comme un avertissement sans frais aux auteurs de cet acte ignoble. À Ekpè, comme partout ailleurs sur le territoire, l’idée que l’on puisse s’ériger en juge et bourreau d’une jeune fille est une insulte au contrat social. L’analyse de cette intervention montre une volonté ferme de transformer l’émotion collective en une action judiciaire implacable.
Aujourd’hui, l’enjeu dépasse le fait divers. Il s’agit de restaurer l’intégrité d’une victime dont la pudeur et l’humanité ont été jetées en pâture. L’Inf, sous l’impulsion de sa présidente, s’engage dans une traque contre l’impunité, rappelant que derrière chaque image de violence se cache une vie à reconstruire et une dignité à protéger. La République, debout derrière son institution, attend désormais que le feu de cette colère consume l’injustice.
Edouard ADODÉ












