La Bourse du travail de Cotonou a renoué avec son effervescence habituelle ce vendredi 1er mai 2026, malgré un dispositif sécuritaire impressionnant. À l’appel de la Confédération syndicale des travailleurs du Bénin (Cstb), les travailleurs ont tenté de commémorer la Journée internationale du travail dans un climat de vive tension. Initialement prévue pour être une marche citoyenne, la manifestation a été confrontée à une interdiction préfectorale notifiée à la dernière minute. Pour le Secrétaire Général de la confédération, Kassa Mampo, cette entrave constitue une manœuvre illégale visant à étouffer la voix de la classe ouvrière alors que, dans le même temps, des rassemblements à la gloire du pouvoir en place étaient autorisés dans les rues de la capitale économique.

Lors de son point de presse, Kassa Mampo a fustigé avec véhémence l’attitude des autorités, dénonçant un « mépris royal » envers ceux qui créent la richesse du pays. Le leader syndical a révélé que la notification d’interdiction du préfet Alain Orounla, reçue seulement la veille au soir, invoquait l’affluence estimée de la marche comme un risque de trouble à l’ordre public. Pour Kassa Mampo, cet argument est l’aveu même de la peur du gouvernement face à la montée de la détermination des travailleurs. Il a martelé que le droit de manifester son « ras-le-bol après dix ans de misère et de faim » est inaliénable, soulignant le contraste frappant avec la présence de ministres de la République à des marches de soutien aux partis pro-gouvernementaux le même jour.Malgré le quadrillage de la place de l’Étoile Rouge et de la Bourse du Travail par la police républicaine, le premier responsable de la Cstb s’est félicité de la capacité de mobilisation de ses militants qui ont su se regrouper sur d’autres sites.

Kassa Mampo a salué le courage des ouvriers, des conducteurs de taxi-motos et des femmes des marchés qui ont bravé l’intimidation pour valider la déclaration de commémoration. En conclusion, Kassa Mampo a exhorté les travailleurs de tous les secteurs à rester mobilisés, affirmant que le succès des rassemblements tenus en province, notamment à Parakou et Natitingou, prouve que la flamme de la résistance reste vive sur toute l’étendue du territoire national face aux restrictions des libertés syndicales.
La Rédaction












