La transhumance des militants occupants une fonction élective ou un poste de responsabilité du Bloc Républicain (Br) vers le parti Union Progressiste le Renouveau (Upr) est interdite. C’est à travers une directive rendue publique le lundi 25 août dernier que la formation politique de Joseph Djogbénou l’a fait savoir. Cette décision vise à préserver la cohésion au sein de la mouvance présidentielle. Mais au regard des forces en présence pour les élections de 2026, cette directive risque d’avoir l’effet contraire favorisant l’avancée de l’opposition.
La transhumance entre le Br et l’Upr est désormais impossible, du moins jusqu’à nouvel ordre selon une récente directive éditée par le parti de Djogbénou, et surtout pour les élus ou autres cadres du parti du Cheval Blanc cabré. Cette décision bien qu’elle soit moins surprenante pour qui connaît le pont qui existe entre ces deux formations politiques de la mouvance, elle risque de faire plus de mal que de bien à la mouvance. Cette directive assure un calme apparent au sein du Bloc Républicain, rendant moins compliquée la tâche à Abdoulaye Bio Tchané qui aura à manager des partisans dociles malgré eux.
Il n’est l’ombre d’aucun doute qu’au regard des exigences du nouveau code électoral, l’Upr et e Br sont appelés à travailler naturellement ensemble sans se combattre. C’est d’ailleurs ce qui explique toutes les concertations entre Joseph Djogbénou et Abdoulaye Bio Tchané, et qui s’achèvent sur des paraphes de documents avec de larges sourires de gentlemen. Ce qui devrait permettre aux uns et aux autres de se sentir toujours en famille où qu’ils se retrouvent pour des raisons personnelles. Mais avec cette directive, ceux qui voudront changer de chambre dans cette concession que forment le Br et l’Upr, sont appelés donc à rester sur place pour ruminer leurs déceptions et leur désir d’aller contempler le décor de l’autre chambre.
Alors, cette directive pourrait constituer une raison pour intensifier les luttes fratricides au sein du Br. Lesquelles luttes balisent le terrain à l’opposition fragilisant ainsi les merveilleux accords qui se tissent entre le Br et l’Upr pour 2026. Par ailleurs, il serait mieux de laisser chacun se diriger là où il se sentirait mieux dans la famille au lieu de le contraindre à rester où il se trouve déjà, et désormais contre son gré. Cela faisant, c’est une manière de créer des opposants déguisés au sein du Br et qui auront de la peine à contribuer pleinement l’atteinte des objectifs des deux partis selon les clauses des accords à venir.
Il aurait donc fallu tout simplement verrouiller les positionnements des transhumants de la dernière heure afin de pousser chacun à mieux travailler dans son parti pour s’imposer.
Edouard ADODE