A quelques mois des élections de 2026, les pions bougent sur l’échiquier politique national. Ainsi, à l’aune des calculs individuels, une lutte sans merci se déroule dans le rang des gros bonnets de la mouvance présidentielle. Cette lutte qui n’augure en rien l’émergence politique des »menus fretins » dont le seul rêve est de voir le renouvellement de la classe politique après avoir longtemps joué les seconds rôles, balise le terrain à l’ancien président Boni Yayi et son parti. Ce qui donne lieu à des adhésions au parti de l’opposition, Les Démocrates, qui propose des perspectives plus prometteuses à partir d’un accueil royal.
Huit élus communaux de la commune de Kandi dans la première circonscription électoral ont récemment claqué la porte à l’Union Progressiste le Renouveau (Upr) pour rejoindre Les Démocrates. Ce scénario n’est pas le premier dans le landernau politique béninois. Ce mouvement devient récurrent au fur et à mesure qu’on s’approche des joutes de 2026. Mais, au-delà d’une simple opération de débauchage comme tentent de faire comprendre certains gros bonnets de la mouvance, est la conséquence de la posture de ces derniers qui ont du mal à céder la place à la nouvelle génération.
Il n’est sans nul doute qu’au sein de la mouvance présidentielle, se déroule un combat fratricide dans lequel tous les moyens semblent être permis comme le révèlent les récentes déclarations de l’ancien ministre Paulin Akponna à Parakou. Ce combat farouche est loin de faire la place à la nouvelle génération qui aspire à une ascension politique. D’ailleurs, les récentes déclarations du député Issa Salifou suite à la situation des élus communaux de Kandi qui ont rejoint Les Démocrates, démontrent à suffisance combien la nouvelle génération est méprisée au sein des grands partis de la mouvance à l’instar de l’Upr. L’élu de la première circonscription électorale qui détient d’ailleurs une longévité notoire à l’Assemblée nationale trouve qu’il s’agit de débauchage de ‘’menus fretins’’ exhibés par Les Démocrates comme des trophées de guerre.
Cette lecture faite par le député semble ignorer qu’en politique il n’y a jamais de petite soustraction puisqu’une seule voix peut largement suffire pour changer le sort d’une élection. Aussi cette déclaration de Issa Salifou sonne-t-elle comme un tremplin pour les démissionnaires qui sont désormais appelés à travailler pour démontrer qu’en politique même les ‘’menus fretins’’ ont bien leur place. De même, cette appréciation du député peut davantage renforcer les frustrations au niveau d’autres partisans de l’Upr ayant les mêmes poids politiques que les démissionnaires. Ce qui pourrait favoriser d’autres démissions vers le parti de Boni Yayi qui semble vouer un respect royal aux ‘’menus fretins’’ tout comme aux gros bonnets.
Edouard ADODE