Le jeûne est un moment de recueillement et de purification spirituelle propre à toutes les religions avec nuances par endroit. Lorsqu’il est pratiqué dans de bonnes conditions, il présente de nombreux bénéfices pour le pratiquant au plan spirituel mais surtout pour sa santé. Toutefois, sa pratique reste déconseillée, voire contre-indiquée, chez certaines catégories de personnes. Pour un jeûne responsable et bénéfique, le desk santé du média Le Grand Regard s’est rapproché du Professeur Adebayo Alassani, médecin interniste, diabétologue et nutritionniste et maître de Conférences Agrégé des Universités du Cames, qui apporte des éclairages et livre des conseils pratiques afin d’aider la population à concilier foi et santé en toute sécurité.
Edwige MONNOU
LGR : Sur le plan médical, qui ne devrait pas jeûner pendant le Ramadan ?
Professeur Adebayo Alassani : Le jeûne pendant le Ramadan n’est généralement pas recommandé chez les enfants, les adolescents et les femmes enceintes. Les personnes âgées peuvent observer le jeûne de façon prudente en considérant leur état physique et leur résistance à la faim. Les adolescents peuvent jeûner en période de congé.
Sur le plan médical, les personnes malades doivent éviter le jeûne. Il est formellement déconseillé chez les personnes souffrant de maladies aiguës, comme le paludisme, la fièvre typhoïde, le choléra, etc. Pour celles qui souffrent de maladies chroniques, comme les problèmes de cœur, de foie, le diabète ou encore le cancer, une évaluation et une autorisation médicales préalables sont nécessaires et obligatoires.
LGR : En période de Ramadan, quels sont les signes qui peuvent indiquer un problème de santé chez le jeûneur ?
Professeur Adebayo Alassani : Au cours du jeûne, les signes indicateurs d’une maladie sont, entre autres, une fatigue inhabituelle, une faim inhabituelle comparée aux jours de jeûne précédents, mais aussi des symptômes comme la fièvre, la diarrhée ou les vomissements. Devant ces situations, l’interruption du jeûne est obligatoire et une consultation médicale est nécessaire.
LGR : Quelles habitudes alimentaires conseillez-vous pour rester en bonne santé durant le Ramadan ?
Professeur Adebayo Alassani : En général, il ne faut pas changer radicalement vos habitudes alimentaires. Mangez ce que vous avez l’habitude de manger, mais adaptez la fréquence des repas. Habituellement, on mange trois fois par jour, mais pendant le jeûne, deux fois. Au réveil, il faut prendre un repas normal et boire suffisamment d’eau, idéalement jusqu’à un litre. Après le repas, il faut se brosser les dents. À la rupture, il est conseillé de commencer par deux à trois dattes ou un fruit, puis de s’hydrater abondamment avec de l’eau ou une boisson très diluée (bouillie très diluée, citronnelle mélangée avec un jus de fruit,…) pour compenser la perte en eau et en minéraux. Après la prière, il est recommandé de prendre un repas normal et habituel, sans excès. Après la dernière prière, il est conseillé de marcher au moins 30 minutes pour faciliter la digestion et de se coucher tôt, idéalement avant 22 h. Avant de se coucher, il faut se brosser les dents.
LGR : Quels sont les comportements et pratiques alimentaires à éviter en cette période ?
Professeur Adebayo Alassani : Pour le Ramadan, les recommandations sont claires, ne pas prendre d’alcool, ce qui est déjà très bien. Ensuite, il faut éviter les aliments contenant trop de sucre (les boissons sucrées), l’excès de consommation d’huile et de sel ainsi que les excès alimentaires visant à compenser le repas de midi.
LGR : Quels sont les avantages du jeûne ?
Professeur Adebayo Alassani : Au-delà de ses dimensions religieuses et culturelles, le jeûne présente des bénéfices pour la santé lorsqu’il est bien encadré. Lorsqu’il est bien fait, il améliore la résistance à l’effort, contribue à une meilleure santé cardiovasculaire, aide à réduire la glycémie et la tension artérielle, et favorise une perte de poids.
LGR : Votre mot de fin
Professeur Adébayo Alassani : Je remercie votre média pour cette initiative. J’invite la population à observer le jeûne de manière responsable. S’il peut être bénéfique, il reste contre-indiqué dans certaines situations, notamment chez les malades, les enfants, les adolescents, les personnes âgées vulnérables et les femmes enceintes.
Entretien réalisé et transcrit par Edwige MONNOU












