Porté à la tête du Bénin en avril 2016 suite à un long bras de fer qui l’avait opposé au régime de son ami Boni Yayi, Patrice Talon a promis d’opérer de grandes réformes au cours de son mandat. Ainsi, aussitôt investi à la tête du Bénin, il s’est employé à s’attaquer aux grands maux qui ont toujours sapé la marche du Bénin vers un réel développement. Pour ce faire, il a marqué les esprits dans un premier temps en formant une équipe gouvernementale composée de rares compétences sans forcément tenir compte des contraintes politiques qui faisaient du gouvernement un gâteau de courtisans et d’alliés politiques.
En dix ans d’exercice du pouvoir d’Etat, l’axe central du gouvernement de la rupture est demeuré. Malgré les vents violents qui se sont abattus sur l’appareil, cet axe n’a pas bougé. Il a été certes érodé par les réalités du pouvoir en perdant une partie de sa structure de base à travers le départ de certains de ces éléments de premières heures à l’instar de l’ancien ministre délégué à la défense, Candide Azannaï, d’Olivier Boko, de Johannes Dagnon et de l’ancien ministre des sports, Oswald Homéky. Mais le noyau central avec lequel la machine a été mis en marche tient et continue de mener les dernières opérations pour un atterrissage en douce en 2026.
Ce noyau central qui progressivement rentre dans une épopée est composé de Patrice Talon lui-même, des ministres d’Etat, Abdoulaye Bio Tchané et Romuald Wadagni. Ce trio restera gravé dans les esprits des béninois pas pour leurs beaux yeux mais pour avoir été le pivot d’un réel changement dans plusieurs secteurs vitaux au Bénin. Ces deux ministres d’Etat ont servi certainement de socle pour la gouvernance Talon surtout dans les moments les plus sombres de la marche. Ils ont préféré jouer la carte de la fidélité jusqu’au bout quand bien même au sein du peuple, ils sont parfois incompris.
A présent que l’atterrissage se précise pour Patrice Talon et qu’au regard de son âge, Abdoulaye Bio Tchané n’est plus apte pour la course vers son rêve d’être compté parmi les présidents du Bénin, l’avenir de Romuald Wadagni reste un mystère dans une atmosphère où la question du dauphin du chantre de la rupture agite les esprits.
Edouard ADODE