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ÉDITORIAL : Faye-Sonko, le filleul contre son mentor

ÉDITORIAL : Faye-Sonko, le filleul contre son mentor

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‎Sénégal ! La vie n’attendra pas cinq longues années pour changer le sens politique du vent. Moins de cinq ans après, Macky Sall, l’ex-président sénégalais arrivé à la fin de son mandat, choisit de quitter le pouvoir pour laisser place à son opposant qui remporta héroïquement l’élection présidentielle. Celui-ci n’est rien d’autre que Diomaye Faye. Mais l’histoire retiendra que Faye a été choisi pour conduire le destin du Sénégal en grande partie grâce à son mentor, Ousmane Sonko, alors incarcéré et empêché entre-temps par le président sortant de participer à l’élection présidentielle.C’est pourquoi, une fois les élections gagnées, Faye n’hésitera pas à ordonner la libération de son mentor et à annoncer sa nomination en tant que Premier ministre. Une décision qui changea le cours de l’histoire pour le mentor et son élève.
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‎À la formation de son gouvernement, tout le monde a applaudi Faye pour sa lucidité et ses choix. Voir Sonko comme Premier ministre et à la fois conseiller, ou toujours mentor, était une union saluée par beaucoup. Mais les esprits bien avertis savaient que cette alliance pourrait un jour se heurter à des montagnes. Et effectivement, l’heure semble avoir sonné.
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‎Nul ne saurait les raisons réelles de l’annonce précoce du divorce politique entre l’élève et son mentor. Mais si l’on s’en tient aux faits ou aux récentes sorties du désormais ex-Premier ministre sénégalais, peu auraient pu s’attendre à cela.Et face à cette situation, certains pourraient dire que Sonko aurait brisé la Loi n°1 des 48 Lois du pouvoir.
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‎Cette Loi n°1 des 48 Lois du pouvoir, qui stipule, de ne « Ne jamais éclipser le maître ».
‎Selon ladite loi,Nicolas Fouquet était ministre des Finances du roi. Mais un jour, il fut arrêté et emprisonné par le roi Louis XIV. L’interprétation donnée dans le livre Les 48 lois du pouvoir, Fouquet, ministre des Finances et surintendant, aurait commis une erreur politique , il aurait surpassé le roi en prestige. En effet,lors d’une fête gigantesque au château de Vaux-le-Vicomte, Fouquet montra une richesse, un réseau et une influence immenses : jardins somptueux, feux d’artifice, spectacle de Molière, luxe impressionnant. Au lieu d’élever le roi, cela aurait éveillé chez Louis XIV un sentiment de menace : « Comment mon ministre peut-il briller autant ? » Quelques jours plus tard donc, Fouquet fut arrêté puis emprisonné à vie.
‎La leçon que Robert Greene en tire de celà est brutale :Si ton supérieur se sent éclipsé, tes qualités peuvent devenir un danger à ses yeux.
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‎Un Sonko à l’image de Nicolas Fouquet ?
‎Même si ses intentions ne sont pas celles de prendre la place du président sénégalais démocratiquement élu, le climat tendu entre les deux anciens alliés tend à rapprocher Sonko de Nicolas Fouquet et Faye de Louis XIV.
‎Et la suite de cette rupture politique pourrait être fatale à Sonko si celui-ci manque de prudence et d’apaisement dans sa lutte politique.
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‎Ainsi,le pouvoir élève parfois les hommes. Mais il met toujours les alliances à l’épreuve.
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‎Emile SINGBO
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