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FORMATION DU NOUVEAU GOUVERNEMENT AU BÉNIN, Romuald Wadagni face à la pression des compétences et des politiques

FORMATION DU NOUVEAU GOUVERNEMENT AU BÉNIN, Romuald Wadagni face à la pression des compétences et des politiques

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Au moment où le Bénin s’apprête à vivre une nouvelle transition à la tête de l’État, les attentions sont focalisées sur la composition de la première équipe gouvernementale du nouveau président élu. Ainsi, à côté des préparatifs de la cérémonie d’investiture qui est prévue pour le dimanche 24 mai prochain au palais des congrès à Cotonou, Romuald Wadagni ajuste la liste de cette équipe très attendue. Il aura donc à concilier les compétences et les exigences de la politique pour une équipe homogène portée vers un idéal commun. Loin d’être juste un alignement de noms, c’est un exercice fastidieux et déterminant pour la réussite du septennat.


​Le chef de l’État se retrouve à la croisée des chemins, obligé de naviguer entre l’impératif technique et la reconnaissance politique. D’un côté, l’urgence des défis économiques et sociaux impose la nomination de technocrates chevronnés, capables de piloter des réformes complexes avec une précision chirurgicale. Chaque fauteuil ministériel exige désormais un profil dont l’expertise ne saurait souffrir d’aucune approximation afin de maintenir la dynamique de développement enclenchée ces dernières années. De l’autre côté, le président doit répondre aux attentes légitimes des partis politiques et des mouvements de soutien qui ont mobilisé leurs bases et investi d’importantes ressources durant la campagne électorale. Ces alliés, ayant activement mouillé le maillot sur le terrain, considèrent l’entrée au gouvernement comme le juste retour d’un investissement militant et le sceau d’une alliance solide.


​Cet arbitrage permanent expose inévitablement le nouveau président à des vents contraires. En privilégiant la compétence pure, il risque de s’aliéner des soutiens politiques de poids qui pourraient se sentir marginalisés ou insuffisamment récompensés. À l’inverse, une distribution de portefeuilles basée uniquement sur le clientélisme politique pourrait affaiblir l’efficacité de l’action publique et susciter l’incompréhension d’une population avide de résultats concrets. Un tel équilibre est d’autant plus périlleux qu’il porte en germe de profondes frustrations au sein des états-majors politiques où les ambitions sont souvent plus nombreuses que les sièges disponibles. Les déceptions pourraient alors se transformer en foyers de contestation interne, menaçant la cohésion de la majorité présidentielle dès l’entame du mandat.


​Pour franchir cet obstacle, Romuald Wadagni devra déployer une ingénierie managériale de haut vol, mêlant fermeté et diplomatie. Sa capacité à convaincre ses partenaires de la pertinence de ses choix sera mise à rude épreuve dans ce jeu d’échecs institutionnel. Dans cette quête de l’équilibre parfait, le soutien stratégique de son prédécesseur Patrice Talon s’avère capital. L’expérience de celui qui a su transformer la gouvernance béninoise servira de boussole au nouveau président pour assurer une continuité sereine tout en imprimant sa propre marque. C’est à travers cette collaboration étroite et cette intelligence situationnelle que Romuald Wadagni pourra transformer ces contraintes en un levier de stabilité pour un Bénin en pleine mutation.

Edouard ADODÉ


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