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DÉLOCALISATION DU MARCHÉ ARZÈKÈ : Un enjeu pour le développement de la ville de Parakou

DÉLOCALISATION DU MARCHÉ ARZÈKÈ : Un enjeu pour le développement de la ville de Parakou

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Dans la ville de Parakou, le marché Arzèkè occupe une place prépondérante dans les échanges commerciaux. Chaque jour, des milliers d’acheteurs et de marchands affluent vers ce haut lieu du commerce béninois. Cependant, au fil des ans, cette infrastructure a perdu de ses commodités. Confrontés à l’exiguïté des espaces, certains commerçants investissent un tronçon de la traversée de la ville, s’exposant ainsi à d’importants risques d’accident. De plus, la question du stationnement s’y pose désormais avec une acuité particulière.


​Autrefois situé en périphérie de la cité des Koburu, le marché s’érige aujourd’hui au cœur même de la ville. Il accueille des usagers venus de diverses localités et des communes environnantes. Fort de sa renommée internationale, ce site est devenu un pôle d’attraction permanent qui s’anime au quotidien, connaissant des pics de fréquentation le week-end et à la veille des grandes fêtes.


​À l’instar du marché Dantokpa, Arzèkè ne se limite plus à son enceinte principale. Toutes les concessions riveraines se sont transformées en boutiques ou en magasins. Les artères ceinturant le marché sont devenues de véritables comptoirs à ciel ouvert. Des marchands occupent jusqu’à la chaussée de la voie traversante, obstruant la circulation. Une telle situation donne fort à faire aux éléments de la Police républicaine, contraints de procéder au déguerpissement de ces occupants illégaux. À chaque passage des patrouilles, c’est la débandade devant le portail principal, où chaque vendeur tente d’emporter précipitamment ses étalages pour échapper à la saisie de ses marchandises.


​À l’intérieur, il est quasi impossible pour deux personnes de se croiser sans se heurter, en raison de l’étroitesse des allées. Mais la préoccupation majeure des usagers reste l’absence totale de parking. Des jeunes se voient ainsi contraints d’aménager les devants de quelques concessions, face au petit portail du côté nord, en aires de stationnement de fortune afin de permettre aux clients de faire leurs achats sans craindre le vol de leurs engins à deux roues. Quant aux véhicules à quatre roues, aucun espace n’est prévu pour les accueillir.


​Il apparaît donc évident que le marché Arzèkè est désormais en décalage avec le niveau de développement et la croissance démographique continue de Parakou. La décomposition progressive du site et les risques encourus par un éventuel élargissement incontrôlé font de sa délocalisation un véritable enjeu d’aménagement urbain. Il s’agit d’un défi qui requiert du courage et de la fermeté de la part des autorités municipales, à l’image de la résolution dont avait fait preuve l’ancien maire Charles Toko lors de la délocalisation de la gare routière centrale de la ville.

Edouard ADODÉ


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