L’analyse faite par le bureau politique du parti Force Cauris pour un Bénin Émergent (Fcbe) des résultats des élections législatives couplées aux communales du 11 janvier 2026 ne laisse pas les acteurs politiques indifférents. Ainsi, le président du mouvement politique «Il Fera Beau» a adressé une lettre ouverte au Secrétaire Exécutif National (Sen) de la Fcbe. Tout en appréciant la bonne foi de Paul Hounkpè et sa troupe, Daniel Edah propose une attitude à adopter dans l’intérêt du peuple par rapport au reste du processus. A demi mot, l’ancien fonctionnaire international incite Hounkpè à provoquer le déclic pour le rassemblement sincère des Béninois pour repartir sur de nouvelles bases. Lisez plutôt l’intégralité de cette lettre.
La Rédaction
« LETTRE OUVERTE à Mon frère Paul HOUNKPÈ, Secrétaire Exécutif National du parti FCBE
Monsieur le Secrétaire Exécutif National et Cher frère,
J’ai pris connaissance de la déclaration de presse de la FCBE désavouant le système électoral réformé par le régime de la Rupture ainsi que les lois qui l’organisent, au lendemain des élections dites générales. J’y ai notamment relevé cette affirmation, je cite : « Il faut oser reconnaître que les réformes sont porteuses de division, d’exclusion et de déséquilibre institutionnel. »
J’en salue le ton, la lucidité et la clarté de la position exprimée.
À l’heure où l’histoire vous appelle personnellement à un sursaut patriotique, alors même que votre parti est écarté de l’Assemblée nationale et de l’ensemble des 77 conseils communaux, il devient légitime de s’interroger. Quelles que soient les promesses ou assurances qui auraient pu vous être faites, il apparaît de plus en plus clairement que la facilitation du parrainage de votre candidature à l’élection présidentielle d’avril 2026 pourrait s’inscrire dans une stratégie globale de fragilisation de l’opposition pour s’offrir la confiscation de la démocratie béninoise, visant la consolidation d’un pouvoir sans partage, sans véritable dialogue politique.
La préservation durable de la paix qui nous tient à cœur passe nécessairement par le respect sincère et effectif des principes démocratiques. Les dirigeants et acteurs politiques véritablement soucieux de paix, de stabilité et de cohésion nationale doivent, en toutes circonstances, œuvrer pour l’inclusion dans la gouvernance, y compris et surtout dans l’organisation des élections.
Prenant acte des raisons qui vous avaient amené à faire confiance à la bonne foi du régime, je forme le vœu que votre nom ne soit jamais associé à ceux qui, par calcul ou par contrainte, choisiraient de compromettre la paix sociale pour dérouler un agenda de division et de confiscation de la souveraineté populaire. Et si, d’aventure, vous faisiez l’objet d’un quelconque chantage ou aviez à craindre pour votre liberté, souvenez-vous que le peuple sait absoudre et qu’il demeure, en dernier ressort, la plus grande protection contre toute forme de persécution injuste.
Après avoir éprouvé la bonne foi du régime et, le cas échéant, constaté avoir été instrumentalisé dans une stratégie de fragmentation de l’opposition et d’installation d’un pouvoir hégémonique à tous les niveaux, j’ose espérer que votre parti saura aller jusqu’au bout de la posture courageuse affichée dans votre déclaration de presse. Il s’agira alors de démontrer clairement au peuple béninois qu’aucun marché politique n’a jamais été conclu dans son dos.
Notre pays a besoin du rassemblement sincère de tous ses fils et de toutes ses filles pour repartir sur de nouvelles bases, consolider notre démocratie, préserver nos acquis et bâtir une économie de production et de transformation capable de répondre à nos défis sociaux, à commencer par l’emploi des jeunes. Donnons-nous la main pour créer ces conditions et éviter que le Bénin ne s’enfonce dans une logique de terre brûlée ou de « après nous, le déluge ».
Ensemble, nous le ferons.
Avec mes considérations »,
Daniel EDAH












