AVEC DES INDICES D’UN TAUX DE 7% SUR LES TABLEAUX DU FMI, À qui profite la croissance économique du Bénin ?. L’impact des prouesses comme un mirage
Selon le dernier rapport du Fonds Monétaire International (Fmi), les indices de l’économie béninoise convergent vers une croissance de 7% pour cette année 2026. Ce qui place le Bénin parmi les meilleures économies de l’Afrique avec un taux de croissance au-delà de la moyenne de la sous-région ouest-africaine. Une perspective très peu surprenante au regard des efforts en cours dans plusieurs secteurs. Mais, les chiffres sont encore loin de refléter la réalité des Béninois qui font face à la montée des prix de plusieurs produits de base.
Cette dynamique macroéconomique s’explique principalement par le dynamisme du secteur agricole, porté notamment par une production cotonnière soutenue et une diversification des cultures de rente. Parallèlement, l’essor industriel amorcé à travers le complexe de la Zone Industrielle de Glo-Djigbé (Gdiz) constitue un moteur essentiel de cette performance. En attirant des investissements massifs et en favorisant la transformation locale des matières premières, cette infrastructure moderne renforce l’attractivité économique du pays et stimule la création de valeurs ajoutées.
Pourtant, au sein des ménages, la perception de ces progrès demeure timide. Dans leur quotidien, les populations peinent à ressentir les effets concrets de cette expansion économique. Confrontés au renchérissement du coût de la vie et à la hausse continue des produits de première nécessité, les citoyens perçoivent cette prospérité affichée comme une réalité lointaine, voire abstraite. Pour la grande majorité des ménages à faible revenu, le pouvoir d’achat reste sous pression constante.
Afin d’atténuer ces difficultés socio-économiques, le gouvernement a mis en œuvre plusieurs mesures sociales ciblées visant à soutenir les couches les plus vulnérables. Bien que ces initiatives apportent un soulagement ponctuel à certaines communautés, elles ne parviennent pas encore à combler le fossé entre les agrégats macroéconomiques et les conditions de vie réelles sur le terrain. Pour la majorité des citoyens, les retombées tangibles de l’essor national tardent à se concrétiser de façon pérenne.
Pour que cette croissance économique ne reste pas une simple performance comptable sur les tableaux des institutions financières internationales, une accélération des mécanismes de redistribution des richesses s’impose. Une telle orientation nécessite un renforcement accru des investissements dans les services publics essentiels et un soutien ciblé aux secteurs générateurs d’emplois décents. C’est à ce prix que l’essor économique du Bénin traduira tout son sens et améliorera durablement le niveau de vie de l’ensemble de la population.
Édouard ADODÉ
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