DE LA TÉLÉCOMMANDE DE PARIS À LA PRÉSIDENCE DU SÉNAT,Talon dans sa 3e dimension de métronome de la politique au Bénin
Après la validation du règlement intérieur du Sénat par la Cour constitutionnelle, les premiers sénateurs du Bénin ont procédé jeudi 6 août dernier à l’élection du bureau de l’institution. Ainsi, le premier président de l’histoire du Sénat au Bénin est l’ancien président de la République, Patrice Talon. Sans surprise, le prédécesseur de Romuald Wadagni au Palais de la Marina est donc porté à la tête de l’institution qu’il a pensée et conçue lui-même. Ce qui marque le début de la troisième dimension pour celui qui rythme la vie de la République depuis quelques décennies.
Pendant plus de deux décennies, cet homme d’affaires influent a façonné en coulisses le paysage politique béninois. Qualifié à l’époque de « télécommande de Paris », il orchestrait le rythme de la scène politique et de la société civile depuis la capitale française, pesant de tout son poids dans l’élection de Boni Yayi en 2006 puis dans sa réélection en 2011. Cette stature stratégique incontournable a ensuite constitué le socle du vaste ralliement autour de sa propre candidature en 2016 face à Lionel Zinsou, alors soutenu par le pouvoir en place.
Son accession au Palais de la Marina a inauguré la deuxième dimension de son rôle de métronome, marquée par des réformes audacieuses et rigoureuses restructurant la vie politique et l’ensemble des secteurs de la société. En prenant désormais les rênes du Sénat, Patrice Talon aborde la troisième dimension de son parcours.
Dans un contexte marqué par les appels pressants à la décrispation du climat sociopolitique, son accession au perchoir revêt une portée stratégique majeure. Avec cette position institutionnelle clé, l’ancien chef de l’État conserve une capacité d’orientation déterminante tout en disposant du levier nécessaire pour favoriser le dialogue national, apaiser les tensions et garantir la stabilité démocratique du Bénin.
Édouard ADODÉ

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