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​ÉDITORIAL, Alofa dans la paix dans l’au-delà ?

​ÉDITORIAL, Alofa dans la paix dans l’au-delà ?

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Alofa est parti en paix dans l’au-delà, emportant avec lui sa part de mystères et de lourds secrets sur la retentissante disparition du fonctionnaire Urbain Pierre Dangnivo ?

Interpellé en 2010 et incarcéré à la prison civile de Cotonou, Cossi Codjo Alofa a tiré sa révérence le lundi 27 octobre dernier alors qu’il lui restait environ quatorze ans de détention à purger pour aller au bout de sa peine. Le destin en a finalement décidé autrement, lui refusant ce droit si précieux d’espérer un jour recouvrer la liberté sur la terre des hommes.

Sa mort subite referme brutalement un chapitre judiciaire hautement sensible, laissant derrière elle un parfum d’inachevé et une longue suite d’interrogations sans réponses. Condamné dans une affaire qui a profondément ébranlé la conscience collective béninoise, il aura vécu et vieilli derrière les barreaux, subissant les rigueurs d’une longue peine sans jamais avoir totalement livré sa vérité sur ce tragique feuilleton.

Aujourd’hui que le silence de la mort l’enveloppe définitivement, la question légitime qui brûle toutes les lèvres est de savoir s’il trouvera enfin la sérénité qui lui aurait permis de clarifier les réelles circonstances de la mort de Dangnivo. Entre la justice des hommes, marquée par ses lourds verdicts, et celle, insondable, de l’au-delà, Alofa fait face à son ultime juge. Ses secrets de prisonnier s’éteignent avec lui, privant les proches d’Urbain Pierre Dangnivo de ce chaînon manquant qui aurait pu apaiser durablement leur deuil.

Alors que les rideaux tombent sur son existence terrestre, les uns et les autres se perdent en conjectures sur le sort spirituel de cet homme rattrapé par son passé tumultueux. Pourrait-on vraiment affirmer qu’il repose désormais en paix, loin des tourments de la prison civile et des pesanteurs de la justice ? L’histoire retiendra son nom associé à l’un des plus grands mystères criminels de ces dernières années au Bénin, un parcours brisé par la fatalité qui trouve son épilogue dans l’éternité silencieuse.

Edouard ADODÉ

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