DES ANNÉES APRÈS LA RÉSURRECTION DE MARIA-GLÉTA ET AUTRES PROJETS SOLAIRES, L’autonomie énergétique reste toujours une chimère pour le Bénin !
Le temps de stabilité relative de la fourniture de l’énergie électrique au Bénin, qui avait suscité l’espoir d’une marche vers l’autonomie énergétique pour le pays, semble tourner en illusion. Quelques années après la résurrection de Maria-Gléta et la mise en œuvre de plusieurs autres projets solaires, cette autonomie énergétique tant espérée demeure toujours une chimère. Le délestage semble revenir au galop avec des coupures intempestives qui ressuscitent le triste souvenir de l’ère pré-Talon.
Pourtant, le pari d’une indépendance énergétique figurait parmi les plus nobles ambitions affichées sous la présidence de Patrice Talon. Les investissements colossaux consentis au cours de la dernière décennie laissaient croire au miracle. On se remémore l’inauguration en 2019 de la centrale thermique de Maria-Gléta 2 d’une capacité de 127 MW, couplée à la mise en service de la centrale solaire d’Illoulofin de 25 MW, sans oublier l’ambition de porter la capacité propre du pays à plus de 200 MW. Ces réalisations d’envergure, saluées pour leur portée stratégique, devaient définitivement tourner la page des ténèbres et propulser le pays vers son essor industriel.
Mais l’illusion s’effrite brutalement. Le communiqué conjoint publié le 19 octobre dernier par la Société Béninoise de Production d’Électricité (Sbpe) et la Société Béninoise d’Énergie Électrique (Sbee) est venu porter un coup de massue au moral des populations et des acteurs économiques. Dans ce document, les deux entités reconnaissent que les perturbations actuelles découlent principalement des limitations d’approvisionnement en provenance du Ghana et du Nigéria. Cet aveu révèle l’amère réalité, le Bénin demeure encore pieds et poings liés à ses voisins pour son approvisionnement en énergie.
Ainsi, l’espoir autrefois nourri par les citoyens s’estompe au rythme des pannes répétées qui paralysent ménages et commerces. Plus grave encore, cette précarité énergétique remet en question la vision de développement prônée par l’ex-chef de l’État. Comment prétendre transformer l’économie nationale et soutenir l’essor de la Zone Industrielle de Glo-Djigbé (Gdiz), vitrine du renouveau industriel béninois, sans une offre électrique continue et totalement souveraine ? Alors que les usines de la Gdiz exigent une puissance colossale et ininterrompue, l’ombre du délestage assombrit les perspectives d’attractivité des investisseurs. C’est dans ce contexte que le Chef de l’État, Romuald Wadagni, lance la mise en œuvre de son projet de six pôles de développement économique qui nécessite aussi de l’énergie électrique en quantité et en qualité. De grandes ambitions avec une offre énergétique problématique !
Alors, il est désormais évident que les milliards injectés n’auront été qu’un pansement sur une plaie béante, confirmant que le chemin vers la véritable autonomie reste encore long et parsemé d’embûches.
Edouard ADODÉ


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