Après les deux dernières sorties médiatiques de l’ancien président Boni Yayi, l’actuel locataire de la Marina est aussi monté au créneau pour s’entretenir avec le peuple béninois. Ainsi, à travers une interview diffusée le mardi 5 novembre dernier, le président Patrice Talon est revenu sur quelques sujets de l’actualité politique au Bénin. Tout comme l’a fait son prédécesseur en le désignant comme le coupable des malheurs du parti Les Démocrates, Patrice Talon aussi renvoie la balle à Yayi. Ce qui augure clairement que la fin du bras de fer entre ces deux personnalités de la politique béninoise n’est pas pour demain.
La guéguerre entre Patrice Talon et Boni Yayi est encore loin d’être à son épilogue. La non-participation du duo candidats du parti Les Démocrates à l’élection présidentielle d’avril de 2026, vient envenimer cette crise. Le dialogue de façade entre ces deux personnalités autrefois amis, et qui sont devenus subitement des ennemis, n’arrange pratiquement rien. Chacune de leurs rencontres aboutit à des clashs faits de condamnations réciproques. La toute dernière en date confirme cette triste réalité qui mouvemente la scène politique béninoise ces dernières années.
Au moment où l’ancien président accuse son successeur comme l’auteur des difficultés que connaît son parti politique, ce dernier ramène l’historique de certains faits pour essayer de démontrer combien Boni Yayi se place au travers de toutes les réformes de la rupture dans tous les secteurs. Le chantre de la rupture estime que pour mettre le peuple béninois à l’abri des impacts négatifs de cette guéguerre, il va falloir trouver une formule pour sortir tous les anciens chefs d’Etat de l’animation directe de la scène politique. Patrice Talon soutient que la Sénat qui est en perspective de création répondra mieux à ce besoin. Ce serait un creuset formel qui leur permettra de donner des avis de sages sur l’action politique. Mais, aussitôt cette idée émise, et déjà, Boni Yayi la rejette avec vigueur. Pour lui, il s’agit d’une institution antidémocratique.
Ainsi, contraindre Boni Yayi à une retraite politique est le plus grand souci de Patrice Talon à quelques mois de la fin de son second mandat à la tête du Bénin. Mais, à cette allure, retrouver Boni Yayi et Patrice Talon au sein du Sénat pour échanger autour des affaires de la République risque de rendre l’ambiance invivable comme ce fut le cas avec le conseil présidentiel qui regroupait Hubert Maga, Sourou Migan Akpity et Justin Ahomadégbé. Edouard ADODE












