La consolidation de la démocratie locale et de la gouvernance apaisée au Bénin repose sur un principe simple : le respect scrupuleux des textes et des accords politiques librement signés par les acteurs. C’est précisément ce principe qui semble aujourd’hui mis à rude épreuve dans la commune de Bembérékè où une situation préoccupante pourrait déboucher sur ce que beaucoup n’hésitent déjà plus à qualifier de véritable hold-up électoral.
En effet, selon les dispositions de l’accord de gouvernance conclu entre l’Union Progressiste le Renouveau (Upr) et le Bloc Républicain (Br), la désignation des Chefs d’Arrondissement (C.a.) doit se faire dans le respect des équilibres politiques issus des urnes. Or, dans certains cas de figure, notamment lorsque les deux partis disposent du même nombre de conseillers dans un arrondissement, une lecture équilibrée et logique des résultats électoraux impose de s’appuyer sur le nombre de suffrages exprimés obtenus par chaque parti dans l’arrondissement concerné, puisque l’arrondissement constitue la véritable circonscription électorale pour la désignation de son chef.
C’est précisément la situation observée dans l’arrondissement central de Bembérékè, où les deux partis disposent chacun de trois conseillers communaux. Toutefois, les résultats électoraux montrent clairement que l’Upr y dispose d’une avance de neuf (09) voix en termes de suffrages exprimés.
Dans ces conditions, et conformément à l’esprit d’équité et de respect du verdict des urnes, l’Upr a procédé à la désignation du Chef d’Arrondissement de Bembérékè-centre.
Mieux encore, l’installation officielle avait été actée le vendredi 6 mars 2026 par l’autorité préfectorale, semblant ainsi consacrer une décision conforme aux règles et aux résultats électoraux. Mais contre toute attente, une convocation de dernière minute émanant du préfet est venue semer le doute, évoquant une prétendue erreur et annonçant une reprise du processus de désignation des chefs d’arrondissement. Une telle démarche soulève de sérieuses interrogations.
Aujourd’hui, la tentative de remise en cause de la désignation du C.a. de Bembérékè-centre par le Bloc Républicain (Br) apparaît, pour de nombreux observateurs locaux, comme une manœuvre soigneusement préméditée visant à confisquer une victoire pourtant acquise dans les urnes.
Au-delà de la commune de Bembérékè, l’enjeu est bien plus large. Il s’agit du respect de la parole politique et de la crédibilité des accords de gouvernance qui structurent aujourd’hui la majorité présidentielle.
Dans un contexte où le Bénin, sous la conduite du Président Patrice Talon, s’efforce de renforcer la transparence et la rigueur dans la gestion publique, il serait incompréhensible qu’une interprétation unilatérale d’un accord politique vienne altérer la volonté clairement exprimée par les électeurs.
Le respect de l’accord de gouvernance entre l’Union Progressiste le Renouveau et le Bloc Républicain est donc aujourd’hui un impératif politique et moral.
Pour préserver la confiance des citoyens et éviter un précédent dangereux, il est urgent que la lumière soit faite et que justice soit rendue au verdict des électeurs de Bembérékè-centre.
La Rédaction











