Au cours de la campagne pour l’élection présidentielle du 12 avril dernier, le candidat Romuald Wadagni a fait plusieurs promesses selon les besoins des villes où il a été reçu. À l’étape de Porto-Novo, le président élu a promis de rebaptiser le stade municipal Charles De Gaulle qui sera appelé stade Patrice Talon en guise de reconnaissance à son mentor. Mais au regard du rôle joué par le président Patrice Talon dans la vie de Romuald Wadagni qui d’un simple ministre devient Président de la République après avoir été fait ministre d’État, ce cadeau est-il suffisant ? Il est évident que la récompense de Wadagni qui pourra combler les attentes de Patrice Talon est beaucoup plus grande et ne viendra qu’au bout de la gestion du nouveau président.
Il n’est un secret pour personne que Romuald Wadagni doit essentiellement son élection à son mentor Patrice Talon qui a pris tous les risques possibles pour y arriver. N’eut été la réforme du système partisan initié et défendu par Patrice Talon à tout prix malgré les casses que cela lui a engendrés, le candidat Romuald Wadagni aurait peut-être trouvé sur son chemin des challengeurs plus coriaces que Paul Hounkpè. Ce qui rendrait difficile voire impossible l’accomplissement de ce rêve. Patrice Talon a dû essuyer plusieurs tentatives de coup d’État et pourtant il a tenu bon jusqu’à ce que son dauphin soit plébiscité par le peuple le 12 avril dernier face à un candidat de poids plume.
Alors, pour avoir pris autant de risque juste pour s’assurer de la continuité de la dynamique de développement en cours au Bénin depuis 2016, Patrice Talon mérite d’être récompensé. Quand bien même Romuald Wadagni refuse d’être un président sous tutelle, par esprit de reconnaissance, il pourrait être amené à accorder certains privilèges à son prédécesseur. Cette reconnaissance pourrait alors se traduire dans la composition du premier gouvernement Wadagni qui pourrait être fortement influencé par Patrice Talon comme il est de tradition au Bénin où les premiers gouvernements sont souvent ceux de récompense des alliés politiques. De même, par esprit reconnaissance, les décisions touchant certains secteurs vitaux de l’économie béninoise, notamment le coton et le Port Autonome de Cotonou, ne seront pas sans influence de Patrice Talon au regard de l’importance de ces secteurs dans sa fortune d’opérateur économique.
Mais loin de ces privilèges naturels, la plus grosse récompense que le Président Wadagni pourrait offrir à son prédécesseur, sera de conduire le développement du Bénin à un niveau plus élevé. Puisque bénéficiant d’un climat politique plus apaisé, conséquence des luttes menées par son prédécesseur, le nouveau président du Bénin, n’aura plus d’autre choix que d’enchaîner des prouesses économiques en faveur du peuple. La préservation des acquis de la rupture notamment les réformes difficiles entreprises par Patrice Talon dans divers secteurs est le plus gros cadeau que Wadagni pourrait aussi offrir à son mentor.
Alors, si à la fin de son septennat, Romuald Wadagni réussit à faire tutoyer le bonheur au peuple béninois, il aurait inscrit Patrice Talon dans l’histoire de ce pays.
Édouard ADODÉ












