Le rideau est tombé sur les urnes dans le cadre des premières élections générales. Au Bénin, comme dans toute démocratie qui se veut vivante, la période électorale est souvent le théâtre de joutes verbales enflammées et de positions antagonistes. Mais une fois le verdict rendu et les passions apaisées, une question fondamentale demeure : quel sort réserver aux divergences ? Est-il réellement possible de bâtir une nation prospère sur le socle de la rancœur et les murs du mutisme ? L’heure n’est plus à la quête des suffrages, mais à la sauvegarde de l’essentiel. La décrispation du climat socio-politique n’est pas un luxe cosmétique, c’est une urgence vitale qui interpelle au premier chef le nouveau président élu, Romuald Wadagni.
Pour le nouveau chef de l’État, ce chantier de la réconciliation doit devenir la priorité absolue dès l’entame du mandat. Un dialogue franc et sincère entre toutes les forces vives de la nation s’impose désormais comme l’unique issue salutaire pour asseoir une gouvernance sereine et inclusive. Il ne s’agit pas ici d’une simple formalité diplomatique ou d’une poignée de main de circonstance devant les caméras, mais d’un acte de courage politique visant à restaurer une confiance sérieusement érodée. Cependant, la parole seule ne suffira pas à panser les plaies. Pour que le peuple croie à nouveau en la volonté de paix, ce dialogue doit impérativement se traduire par des actes concrets et immédiats de décrispation. Comment espérer une unité nationale sans gestes d’apaisement significatifs venant du sommet de l’État ? Quelles concessions les acteurs politiques sont-ils réellement prêts à faire pour garantir une stabilité durable ?
Se poser ces questions, c’est accepter de regarder la réalité en face afin de redéfinir les bases du vivre-ensemble. Romuald Wadagni a désormais la responsabilité historique de s’accorder avec l’ensemble de la classe politique sur des règles du jeu claires, inclusives et acceptées de tous. La politique doit cesser d’être perçue comme un champ de bataille pour redevenir l’art de gérer la cité au profit de chacun. En convoquant toutes les sensibilités autour d’une table sans faux-fuyants, le pouvoir élu enverra un signal de maturité à une jeunesse qui attend des perspectives plutôt que des conflits. Le Bénin a besoin de la synergie de toutes ses énergies. Sortir des tensions, c’est choisir la voie de la sagesse pour que, demain, le seul vainqueur soit la nation. Il est temps de se parler, vraiment, pour reconstruire le socle de l’unité nationale.
Édouard ADODE












