Face à la Côte d’Ivoire le dimanche 10 mai dernier, les Amazones juniors ont arraché leur qualification pour la prochaine coupe du monde de leur catégorie. Cet exploit historique est le couronnement d’un travail acharné de ces jeunes filles sous la houlette du sélectionneur national, Ouzérou Abdoulaye, un produit fini du football béninois. Alors, cette qualification historique est une preuve que le salut du football au Bénin ne vient pas forcément d’ailleurs. C’est un mythe qui tombe une fois de plus, celui de sélectionneur expatrié.

La performance réalisée par Ouzérou Abdoulaye sur le banc des Amazones dépasse le simple cadre d’une victoire sportive pour devenir un symbole de compétence nationale. En propulsant ses joueuses sur la scène mondiale, le technicien béninois a prouvé qu’une expertise locale, imprégnée des réalités du terrain et du tempérament des athlètes, est capable de rivaliser avec les plus grands stratèges internationaux. Ce succès retentissant s’est dessiné avec brio lors de la 4e journée des éliminatoires pour le mondial féminin Pologne 2026. Après avoir concédé un score de parité d’un but partout lors du match aller, les Amazones ont littéralement surclassé leurs homologues ivoiriennes au stade de Kégué à Lomé. Grâce à une rigueur tactique exemplaire et une détermination sans faille, les filles d’Ouzérou Abdoulaye se sont imposées sur le score fleuve de 4 buts à 1, validant ainsi leur ticket pour une phase finale historique.

Cet exploit s’inscrit dans un mouvement global qui voit les techniciens africains reprendre les rênes de leurs destins sportifs avec un succès insolent. Les dernières éditions de la Coupe d’Afrique des Nations ont d’ailleurs servi de vitrine à cette tendance, montrant que les entraîneurs locaux ne sont plus des solutions de secours, mais des premiers choix capables de mener leurs nations vers les sommets. À l’image d’Emerse Faé, qui a conduit la Côte d’Ivoire au sacre continental en 2024, ou d’Aliou Cissé, architecte du premier titre du Sénégal en 2022, la compétence locale s’impose. On ne peut oublier Walid Regragui, entré dans l’histoire en hissant le Maroc en demi-finale de la Coupe du Monde 2022, une première pour le continent. Au Bénin, cette dynamique est portée avec la même ferveur par Moussa Latoundji. Ce dernier a d’ailleurs brillamment assuré l’intérim à la tête de l’équipe nationale masculine A durant une période de transition charnière s’étendant de mars 2022 à mars 2023, prouvant ainsi sa capacité à gérer les enjeux du haut niveau.

Ces résultats probants confortent l’idée que l’investissement dans la formation des cadres nationaux est le véritable levier du développement footballistique. En tournant le dos au complexe de l’expatrié, le football béninois s’offre aujourd’hui un rayonnement mondial, porté par la fierté et l’intelligence de ses propres fils, faisant d’Ouzérou Abdoulaye le porte-étendard d’une ère nouvelle et prometteuse.
Édouard ADODÉ












