À l’approche de la Journée internationale du Travail, la Confédération Syndicale des Travailleurs du Bénin (Cstb) sonne le rassemblement. Lors d’un point de presse tenu ce mercredi 22 avril dernier à la Bourse du Travail, le Secrétaire Général Kassa Mampo Nagnini a appelé à une mobilisation qu’il souhaite « historique ». Entre devoir de mémoire et urgence revendicative, la confédération entend faire du 1er mai 2026 le point de départ d’une nouvelle ère pour les droits sociaux au Bénin.
Pour le patron de la Cstb, célébrer le 1er mai n’est pas une simple formalité calendaire, mais un acte politique fort. Kassa Mampo Nagnini a tenu à rappeler que les droits dont jouissent les travailleurs aujourd’hui sont le fruit de sacrifices sanglants, notamment lors des émeutes de Chicago en 1886 pour la conquête de la journée de huit heures. C’est dans cette lignée de résistance que s’inscrit la CSTB, soulignant que partout dans le monde, cette journée demeure le symbole de la défense des intérêts de la classe ouvrière face au capital. Cette mémoire se perpétue à travers des défilés revendicatifs, des meetings populaires et des grèves symboliques qui rappellent la force du collectif.
Dressant un panorama des cinquante-trois dernières années de commémoration nationale, le Sg de la Cstb a analysé l’évolution des rapports de force au Bénin avec une franchise désarmante. Si l’époque du Prpb était marquée par des défilés officiels d’envergure et le Renouveau démocratique par une libération de la parole revendicative, la tendance s’est tragiquement inversée au fil des mandats récents. Selon l’analyse syndicale, le déclin a débuté sous l’ère Yayi Boni avec les premières répressions sanglantes à Natitingou et Cotonou, marquant le début du retrait du droit de grève dans certains secteurs comme la douane.
Cette situation s’est, selon Kassa Mampo, considérablement aggravée sous la gouvernance de Patrice Talon. Il dénonce une période sombre faite d’interdictions systématiques de manifester et d’arrestations de travailleurs, visant à empêcher toute célébration contestataire du 1er mai jusqu’en 2025. Le contexte de ce 1er mai 2026 revêt donc une dimension particulière, intervenant dans la foulée de l’élection présidentielle et de l’accession de Romuald Wadagni à la magistrature suprême. Pour la Cstb, ce changement à la tête de l’État ne doit pas être une simple transition, mais le signal d’une reconquête sociale immédiate.
L’objectif affiché est désormais de porter un cahier de doléances ferme devant le nouvel exécutif. Kassa Mampo Nagnini appelle tous les secteurs d’activité, qu’ils soient du public, du privé, du formel ou de l’informel, à envahir massivement les rues de Cotonou et des départements. Les revendications sont claires et non négociables : la restauration intégrale des libertés syndicales, le rétablissement du droit de grève et la garantie du droit de manifestation pacifique. « Ce 1er mai doit être celui de la reconquête », a martelé le Secrétaire Général en guise de conclusion, fixant ainsi le premier test social majeur pour le nouveau président de la République.
La Rédaction












