Les premières révélations sur les dessous du coup d’État déjoué du dimanche 7 décembre dernier à Cotonou, mettent en lumière l’accélération de la détérioration des relations entre le Bénin, les pays de l’Alliance des Etats du Sahel (Aes) et le Togo. Ainsi, ce putsch manqué est sans nul doute la manifestation de la pourriture de la guerre froide qui caractérise depuis peu les relations diplomatiques dans la sous région ouest africaine. Cette situation qui fait du Bénin le terrain d’affrontement de la Communauté Économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) et de la Aes laisse planer de grosses incertitudes sur la sous région.
Quelques heures après cette tentative de coup d’Etat déjoué, le cerveau de l’opération, le lieutenant-colonel Pascal Tigri a été repéré dans un pays voisin notamment le Togo sans qu’il ne soit inquiété. De même, à travers une déclaration, le président du Burkina-Faso, le capitaine Ibrahim Traoré annonce que son pays accorde un asile au lieutenant-colonel recherché activement au Bénin. Selon, plusieurs sources, les autorités nigériennes ont également prêté main forte à cette opération déjouée. Les frontières du Niger auraient été ouvertes dans la matinée du dimanche 7 décembre dernier. Ce pays aurait même apporté d’autres soutiens importants aux putschistes.
Ainsi, il est désormais clair qu’au-delà des accusations de présence de soldats français sur le sol béninois que les pays de l’Aes avancent pour justifier la rupture de coopération avec le Bénin, ils sont décidés à contribuer à renverser le Président Patrice Talon pour élargir leur cercle dans la sous région. De son côté, le Bénin bénéficie de la coopération militaire de la Cedeao. Ce qui traduit le débordement de cette guerre froide.
Alors, loin d’une simple crise politique interne au Bénin, ce putsch déjoué fait monter la crise d’un cran entre l’Aes et la Cedeao.
Edouard ADODE












